C'est quand une
étoile meurt qu'on la voit le plus briller !
Soazig Le
Lay, Alias The Milk, nous a quitté
samedi 12 janvier 2008 àl'âge de 32
ans.
Un hommage musical lui
sera rendu dimanche prochain, le 20 janvier, à 17 h
au Jardin Moderne (Rennes).
Engagée sur de
nombreux projets, elle était depuis septembre 2007,
en résidence de création à l’Aire
Libre pour préparer un nouvel album. Elle
s’était entourée de Stéphanie
Teillet (Zagohaï, Santa Macairo Orkesta et
Belvoï) à la basse et au piano ainsi que de
Jean-Michel Blécon (Streamer, Misse Mary Mack
et Fonds de tiroir) à la batterie.
De nombreux
échanges et de belles rencontres étaient
programmées, entre autre à la
médiathèque Lucien Herr qui se faisait
une joie de la recevoir.
En ces « Sad
days », nous nous joignons à la douleur de sa
famille et de ses proches.
« Sad
days »
Concert à la Salle
de la Cité à Rennes, le 1er février
2007
(Source du document
ci-dessous : www.pudding-prod.com)
Biographie Soazig Le
Lay alias The Milk
Soazig Le
Lay a commencé la
musique au Conservatoire. Elle y étudie depuis l'âge de 7
ans le violoncelle. Déçue par l’immobilisme de
cette institution, elle mettra un terme à son apprentissage
à l’âge de 19 ans tout en continuant à jouer
de la musique classique auprès d’orchestres ou
d’autres formations amateurs. A 16 ans son goût pour le
rock anglais est déjà prononcé et lorsqu’on
lui offre une guitare électrique, elle apprend rapidement
à maîtriser en autodidacte cet instrument. Durant ses
années de fac de musicologie, elle monte un premier groupe
rock Toxid, puis un autre,
Zagohaï, qui représentera la région
Bretagne au Printemps de Bourges 1999. Le groupe se sépare en
2000 et n’aura pas le temps d’enregistrer un album. En
parallèle, elle rencontre Sylvie Jourdan,
accordéoniste. Elles vont former Les Oisives,
un duo qui durera huit années et qui s’imposera dans la
nouvelle scène chanson française, avec plus de deux cent
concerts et 2 albums Salto
arrière et L’Intangible.
Durant ces années,
Soazig trouve le temps de jouer dans d’autres formations
comme Jehan Vilaine ou les Four
onetwothreefour un quatuor vocal. Elle commence à se
faire connaître sur Rennes en temps que violoncelliste, et
participe à de nombreux albums (Benoît
Morel, Santa Cruz...) Elle crée des
bandes son pour le théâtre : La voix humaine de Jean
Cocteau, La Folle Affaire Freming de et par la Pop
Compagnie et commence une collaboration en 2000 avec le
Théâtre du Vestiaire, tout d’abord
avec Les Oisives qui jouent dans la pièce A tous ceux qui ! de
Noëlle Renaude, puis, en solo, sur Le laveur de visage de
Fabrice Melquiot et actuellement sur la plateau de la pièce
Music Hall de Jean Luc Lagarce.
Parallèlement
à ses créations pour le théâtre,
l’année 2006 donne naissance à 2 autres projets :
The Milk et
Megalux.
Cela faisait un moment
que Soazig était taraudée par l’idée de monter
sur scène avec ses propres morceaux, il lui aura fallut des
mois de travail pour que techniquement, et grâce à des
pédales de boucles, le violoncelle et la guitare coexistent au
même moment et que le fait d’être seule sur
scène ne nuise pas à la richesse des arrangements.
C’est d’ailleurs ce qui donne l’originalité
de The Milk.
Les textes, en anglais
sont co-écrits avec Alan Corbel, une rencontre tout à
fait bénéfique puisque ensemble ils décident de
créer Megalux, un duo guitare-violoncelle aux
accents de folks songs à
l’anglaise.
The
Milk
La fille, elle est
là, la fragilité touchante d'être seule en
scène, son violoncelle, sa guitare électrique,
pédales de boucles aux pieds, elle chante, en anglais dans le
texte, une alchimie envoûtante, comme ça, l’air de
rien.
Au départ c'est
troublant, on entend un orchestre qu'on ne voit pas, comme le
théâtre Silencio de David Lynch, et, puisque l'aspect
technique ne se fait pas sentir, alors on se laisse
s'émouvoir.
Pas besoin de pleurer
sur le violoncelle ni de ruer dans les guitares, ses instruments et
sa voix limpide s'entremêlent naturellement, l'expression du
cœur quand il rejoint une vraie profondeur de
l'être.
Un sens certain de la
mélodie et du gimmick, des arrangements ingénieux, d'un
morceau pop à une ballade, du plus doux au plus rock'n'roll,
la demoiselle a du talent et s'est décidée à le
faire savoir !
(Source du doc
ci-dessous : programme de l’Aire Libre
« Résidence
d’automne »)
Fin 2006, sort son
premier album The Milk, qu’elle produit elle-même avec
l’aide au son de Nikky Renard et Jean-Michel Blécon.
L’accueil du public et des médias est excellent et
très prometteur. L’album à peine sorti, elle
relève le défi de reproduire le travail solitaire de
studio sur scène.
Eté 2007, Soazig
Le Lay se lance déjà dans l’écriture
d’un nouvel album. Des nouveaux morceaux sont déjà
là, plus mûrs et élaborés, au style plus
affirmé. Elle a besoin de musiciens pour mener à bien le
nouveau répertoire sur scène et en studio. Elle invite
donc son ancienne complice Stéphanie Teillet (bassiste de
Zagohaï qui a suivi le même cursus classique
qu’elle) et Jean-Michel Blécon (batteur de Fonds de
Tiroir, Misse Mary Mack et 2ème batteur de Streamer, la
création contemporaine de Régis
Boulard).
L’Aire Libre
accueille chaque mois des périodes de répétitions
jusqu’à la création en mai 2008. Cette longue
résidence permet des rencontres et échanges multiples au
cours des prochains mois…
Nous en
reparlerons…
Malheureusement... dans de bien tristes
circonstances...